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Lot 135 - Pierre Jacques VOLAIRE, dit le Chevalier VOLAIRE (Toulon 1729 - Naples 1799) - [...]

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Pierre Jacques VOLAIRE, dit le Chevalier VOLAIRE (Toulon 1729 - Naples 1799)
L'éruption du Vésuve de 1779
Toile d'origine
63 x 41 cm
Au dos une inscription : n°1 Eruption du Vésuve de 1779
Déchirures et manques
Œuvre en rapport : Eruption du Vésuve, huile sur toile, H. 0,61 m ; L. 0,41 m, s.b.g. : " Volaire Ft. ", collection particulière (autrefois, Paris, Galerie Emmanuel Moatti) (Beck Saiello 2010, P. 91).

Le XVIIIe siècle fut, pour le Vésuve, une période d'intense activité volcanique. Alors que ses fréquentes éruptions attiraient dans la capitale du Royaume de Naples et de Sicile savants et curieux de toute l'Europe, se développait, avec le phénomène du Grand Tour, le genre de la vue souvenir. Le Vésuve en éruption devint pour deux siècles l'une des icônes de la ville de Naples, traduite à l'huile puis à la gouache par des peintres venus de tous horizons.
Le spécialiste incontesté n'en demeure pas moins le Français Pierre-Jacques Volaire. Né en 1729 à Toulon dans une famille d'artistes (son père, Jacques, était peintre officiel de la ville), Volaire fut pendant sept ans, de 1754 à 1762, le collaborateur de Joseph Vernet pour sa série des Ports de France. Installé en Italie - à Rome en 1763, puis à Naples en 1767, il s'éloigne du genre des marines pour se consacrer presque exclusivement aux représentations du Vésuve, dont il a pu directement observer les différentes éruptions : celles de 1767, de 1771, de 1779 et de 1794.
La plus spectaculaire d'entre elles fut celle des 8-15 août 1779 par l'abaissement du cratère de 66 m, le volume de matière éjectée (4 millions de mètres cubes), la physionomie même du phénomène (fontaines de lave de plusieurs kilomètres de hauteur, coulée de lave, nuages de cendres et de pierres enflammées) et la lumière intense dégagée par les explosions (qui permettait de lire en pleine nuit à plusieurs kilomètres à la ronde). La typologie de l'éruption, avec son jet de lave qui avait pris l'apparence d'une longue flamme de forme pyramidale, comme celle d'une gigantesque chandelle, a dicté au peintre le choix d'un format vertical. Volaire renonce à la description des mouvements de population ou du paysage, qui avaient fait le succès de ses deux précédentes formules (pour les éruptions de 1767 et de 1771), pour se concentrer sur la description du phénomène, et réduire le format de ses tableaux (ce qui lui permet, en outre, de répondre à la forte demande). Dans la représentation de l'éruption de 1779, l'une des plus destructrices du siècle, Volaire met l'accent sur le contraste entre la violence du cataclysme - et par conséquent sur le danger encouru par les populations -, et l'insouciance du petit peuple napolitain qui continue de vaquer à ses occupations quotidiennes ou admire, comme un beau feu d'artifice, les spectaculaires fontaines de lave qui s'échappent du cratère.
Le présent tableau, qui a conservé sa toile d'origine et ses beaux effets de matière, appartient à une série de vues de l'éruption de 1779, dont on trouve des exemplaires dans différents musées (Brest, Toulon, Museum d'Histoire naturelle - dation Krafft) et collections particulières. Une version semblable et de dimensions pratiquement identiques s'est vendue il y a plusieurs années à la galerie Emmanuel Moatti, à Paris (Beck Saiello 2010, P. 91). L'un des deux tableaux pourrait correspondre à la Vue du Vésuve, ornée de figures vendue à Paris le 20 mai 1790, n° 13 (Beck Saiello 2010, PM. 69).

Emilie Beck Saiello

Bibliographie : Emilie Beck Saiello, Pierre Jacques Volaire 1729-1799, dit le Chevalier Volaire, Paris, Arthena, 2010.

Expert : Stéphane PINTA (Cabinet Turquin)

Reproduit p. 24 du catalogue

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes